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Zdzisław Beksiński

Zdzisław Beksiński

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Zdzisław Beksiński (né le 24 février 1929 à Sanok – mort le 21 février 2005 à Varsovie) est un peintre, photographe, dessinateur et sculpteur polonais illustre, de tendance surréaliste et fantastique.

C’est à Sanok, petite commune agreste du sud-est de la Pologne, que Beksiński vit le jour.

Après qu’il eut étudié l’architecture à Cracovie, il retrouva sa ville natale où il travailla pendant quelques années en tant que chef de chantier.

Commença alors à poindre son intérêt pour la photographie d’art, le photomontage, la sculpture et enfin le dessin. Ses premières réalisations sculpturales étaient de plâtre, de métal, voire de fil de fer. En rupture abrupte de ce ton, ses photographies, en noir et blanc, relevaient du genre figuratif, et comportaient bon nombre de visages affouillés, de paysages ravagés et de corps déchus. Sur des clichés où l’outrance seule est concevable, se pressent les images de poupées cauchemardesques, rappelant celles de Hans Bellmer, aux faces à moitié arrachées.

Dès 1964, Beksiński centra son activité artistique sur la seule peinture. À rebours de son travail sculptural fait d’abstractions, ses premières « huiles » ne toléraient que la figuration, sur laquelle il se focalisera d'ailleurs jusqu'à sa mort.

De 1970 à environ 1990, sa création fut visitée par une inspiration fantastique où il excella ; conquis et émerveillé, le public lui a manifesté une admiration inconditionnelle.

Sa création aux dimensions mythiques, empreinte d'une intuition plus intime et plus obscure que la rationalité, mettait en scène des squelettes jonchant des déserts post-apocalyptiques, des zombies et d'autres morts-vivants hagards renvoyant aux notions de sacrilège et de profanation. Y étaient délibérément bafoués le « bon goût » trop convenu, la décence et la sérénité ; Beksiński impose une vibration qui fait corps avec la mort, la décomposition, la dégradation. Autant de stridences qui suffoquent le spectateur – le tout peint avec force détails et une précision stupéfiante.

Etrangement, Beksinski pensait que sa peinture était mal comprise, et que son message était perçu comme humoristique. A l’en croire, ses tableaux n’étaient en rien morbides, ils se donnaient comme les instruments d’un persiflage insistant. D’où sa surprise – feinte ou réelle – que cette pierre angulaire de sa création échappât au spectateur.

Beksiński soutenait peindre à la manière d’un artiste abstrait, visité par le seul souci de la forme, de la composition et des équilibres entre les représentations.

Mélomane érudit, Beksiński ne pouvait peindre sans écouter de la musique.

Sa première grande exposition de peinture, organisée en 1964 à Varsovie par le critique d'art Janusz Bogucki, s'est avérée être un grand succès, et tous les tableaux qui y furent exposés furent vendus. Au cours des années 1980, les travaux de Beksiński ont acquis une renommée internationale, d'abord en France, puis en Allemagne, en Belgique et au Japon grâce aux efforts de Piotr Dmochowski, son ami et propagateur. Celui-ci a fait plusieurs expositions du peintre, a édité plusieurs publications sur papier et a produit un film sur l'artiste ("Hommage à Beksiński"). Il a aussi créé à Paris, dans les sous-sols de sa galerie d'art, un petit "musée de Beksiński" où il exposait ses tableaux en permanence pendant les années 1989-1995, rue Quincampoix, près du Centre Pompidou.

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