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Et in Arcadia ego

Nicolas Poussin

Et in Arcadia ego

Nicolas Poussin
  • Date: 1637 - 1639
  • Style: Classicisme
  • Genre: pastorale
  • Media: oil, canvas
  • Dimensions: 121 x 185 cm
  • Reproduction
    de commande

Et in Arcadia ego (littéralement « Je suis aussi en Arcadie ») est une locution latine illustrée par plusieurs peintres, sous le titre « Les Bergers d’Arcadie », dont deux fois par Nicolas Poussin (1594-1665). Ces deux tableaux sont des peintures pastorales représentant des bergers réunis autour d'un tombeau.

Les deux toiles de Poussin sont des peintures pastorales représentant des bergers idéalisés de l'Antiquité classique, rassemblés autour d'une tombe austère. La première version, datée de 1628-1630, se trouve en Angleterre, à Chatsworth House, dans le Derbyshire. La seconde version, exécutée dix ans plus tard en 1637-1638, est conservée au Louvre ; connue aussi sous le nom Les Bergers d'Arcadie, elle a eu une influence majeure dans l'histoire de l'art.

Et in Arcadia ego est une locution latine qui signifie : « Moi (la Mort), je suis aussi en Arcadie (le pays des délices) » ou, plus probablement, « Moi (qui suis mort), je vécus aussi en Arcadie. » Les deux traductions renvoient à la même idée : même dans un pays idéal, nul n'échappe au destin des mortels.

La première figuration d'une tombe avec inscription dédicatoire (à Daphnée près d'Antioche) dans le paysage idyllique d'Arcadie apparaît dans les Bucoliques de Virgile, V, 42 ssq. Virgile y transpose dans la rustique Arcadie les caractères de bergers siciliens qu'avait évoqués Théocrite dans ses Idylles. Le thème trouva une nouvelle jeunesse au cours des années 1460-1470 de la Renaissance italienne, dans l'entourage de Laurent de Médicis. En 1502 Jacopo Sannazaro publia un long poème, Arcadia, source dans l'imaginaire occidental de l'Arcadie comme un monde perdu d'enchantements idylliques.

C'est dans la Venise du XVIe siècle qu'apparaît la première utilisation d'une tombe avec inscription dédicatoire dans le monde enchanteur de l'Arcadie.

La toile du Guerchin (conservée à la Galerie nationale d'art ancien du palais Barberini à Rome) rend plus évident le sens de l'inscription dédicatoire par la figuration d'un crâne au premier plan.

Le premier tableau de Poussin, celui de Chatsworth, est, selon toute vraisemblance, une œuvre de commande, inspiré de la toile du Guerchin. Son style est nettement plus baroque que la seconde version et caractéristique de la première manière de Poussin. Les bergers s'activent à dégager la tombe à-demi cachée et couverte de végétation et découvrent l'inscription avec une expression de curiosité ; la bergère debout à gauche est représentée dans une pose suggestive, très différente de l'attitude austère de la seconde version.

Celle-ci est composée de façon plus géométrique et les personnages y présentent un caractère plus contemplatif. Le visage sans expression de la bergère à droite est conforme aux conventions du « profil grec ».

Littéralement, le titre Et in Arcadia Ego est un memento mori (« Souviens-toi que tu es mortel. ») Toutefois, André Félibien, le biographe de Poussin, l'interprétait comme : « la personne enterrée dans cette tombe a vécu en Arcadie. » Autrement dit : « elle aussi a profité des plaisirs de la vie sur terre ». C'est le sens qu'on donnait généralement à ces œuvres aux XVIIIe et XIXe siècles. Pour d'autres, le sujet établit une opposition ironique entre la sévérité de la mort et le caractère léger des nymphes et des bergers peuplant l'Arcadie. Dans Dessin, couleur, lumière, Yves Bonnefoy consacre un article à ces toiles. Il propose de recomposer le parcours intellectuel de Poussin, l'un de ses peintres de prédilection, du premier tableau au second. Aujourd'hui, memento mori est le sens le plus généralement accepté.

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