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Le Cauchemar

Johann Heinrich Füssli

Le Cauchemar

Johann Heinrich Füssli
  • Date: 1781
  • Style: Romanticism
  • Genre: peinture symbolique
  • Dimensions: 101 x 127 cm

Le Cauchemar est un tableau du peintre Johann Heinrich Füssli, conservé depuis son achat en 1954, au Detroit Institute of Arts.

Depuis son exposition en 1782 à la Royal Academy de Londres, cette peinture est devenue célèbre et, du fait de cette renommée, Füssli en a peint au moins trois autres versions.

L'interprétation de l'œuvre a considérablement changé au cours du temps. La toile semble dépeindre simultanément une femme rêvant et le contenu de son cauchemar. L'incube (démon) et la tête de cheval se réfèrent à la croyance et au folklore de l'époque concernant les cauchemars, mais ont des significations plus spécifiques décrites par quelques théoriciens. Des critiques d'art contemporains ont également vu dans le tableau une problématique sexuelle anticipant les idées freudiennes au sujet du subconscient.

Le Cauchemar offre simultanément l'image d'un rêve — en dépeignant l'effet du cauchemar sur la femme — et le rêve en image — en représentant symboliquement la vision du sommeil. Le tableau représente une femme en robe de satin blanc, endormie sur un lit, la tête penchée vers le bas. Elle est dominée par un démon (un incube) qui regarde le spectateur. La dormeuse semble sans vie, renversée dans une position qui paraît encourager les cauchemars. Les couleurs claires et brillantes de cette femme sont en opposition aux rouges foncés, jaunes et ocres du fond. Füssli a employé un effet de clair-obscur pour créer des contrastes forts entre la lumière et l'ombre. L'intérieur est à la mode de l'époque, avec une petite table sur laquelle reposent les débris d'un miroir, une fiole et un livre. La salle est décorée, derrière le lit, de rideaux rouges en velours d'où émerge la tête d'un cheval aux yeux argentés.

Pour les spectateurs contemporains, le tableau évoque le rapport entre, d'une part l'incube et le cheval (une jument) et, d'autre part, les cauchemars. Cette œuvre a probablement inspiré le cauchemar de Mary Shelley qui a donné naissance à son roman, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Füssli et ses contemporains voyaient dans cette expérience un rapport avec les croyances folkloriques, comme les contes germaniques au sujet des démons et des sorcières qui possèdent les personnes endormies. Dans ces histoires, des chevaux ou des sorcières rendent visite à des hommes et des femmes réputés avoir des relations sexuelles avec le diable. Cependant, l'étymologie du mot « cauchemar » n'a pas de lien avec les chevaux. En fait, le mot dérive du terme picard mare, emprunté au néerlandais mare (fantôme) qui, dans le folklore scandinave, désigne un type de spectre femelle malveillant, un esprit envoyé pour tourmenter et faire suffoquer les dormeurs. Cependant, le peintre étant suisse et ayant appris l'anglais dans sa jeunesse, on peut considérer la présence de la jument comme un jeu de mot : en anglais, jument se dit mare. La signification première du « cauchemar » est celle d'un dormeur ayant un poids sur le torse combiné avec une paralysie du sommeil, une dyspnée ou un sentiment de crainte. La peinture contient une grande variété d'imagerie liée à ces thèmes, représentant la tête d'une jument et un démon accroupi sur une femme.

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