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Le Concert dans l'œuf

Jérôme Bosch

Le Concert dans l'œuf

Jérôme Bosch
  • Date: 1475 - 1480
  • Style: Renaissance nordique
  • Genre: peinture religieuse
  • Media: oil, panel, canvas
  • Dimensions: 126,5 x 108 cm
  • Commande Le Concert dans l'œuf Reproduction peinture à l'huile
    Reproduction
    de commande

Le Concert dans l'œuf est une copie d'après une œuvre originale perdue du peintre primitif flamand Jérôme Bosch (v. 1450 – v. 1516). Huile sur toile de 108,5 × 126,5 cm, elle est réalisée vers 1561 ou plus tard. Le tableau est actuellement exposé au Palais des beaux-arts de Lille.

Le sujet du Concert dans l'œuf peut, à mains égards, être rapproché de celui de La Nef des fous. On y retrouve comme dans la Nef, un moine, des religieuses, des musiciens, des chanteurs réunis cette fois dans une énorme coquille d'œuf d’un blanc lumineux où jouent des ombres. L’œuf, posé sur l'herbe, occupe l'espace central du tableau. Une grande cohésion rassemble les personnages, mais, même si le fou n'apparaît pas, la folie est présente. Des dix personnages, certains chantent, d'autres jouent de la musique ; mais tous semblent suivre la même musique écrite dans un gros livre.

Ils portent des couvre-chefs insolites : oiseaux ou objets. Le moine de dos constitue l’élément butoir qui invite le regard vers la partition et permet d’entrer dans le tableau. Il s’agit d’un détournement habile d’une scène tout à fait évidente au Moyen Âge, celle des monastères où le moine lit le lectionnaire. Pourtant, Bosch traite la lectio divina de manière parodique puisque la partition est une chanson grivoise.

Cette musique a été identifiée, et elle n'a rien d'un cantique. On a pu, en effet, déchiffrer les notes de la portée peinte dans le livre et retrouver la musique et les paroles originales publiées en 1549 à Anvers par Tielman Susato. La chanson aurait rencontré un grand succès au milieu du XVIe siècle. « Toutes les nuictz que sans vous je me couche, pensant à vous », lit-on sur la peinture et la chanson continue : « ne fait que sommeiller, et en resvant jusques au resveillier, Incessament vous quiers par my la couche, Et bien souvent en lieu de vostre bouche, En souspirant, je baise l'oreillier. » Il s'agit d'un chant à quatre voix, dû au musicien flamand Thomas Créquillon (†1557) qui est le maître de chapelle de Charles Quint.

Tout à leur chant, les personnages n'ont pas conscience des éléments inquiétants qui les entourent, le moine ignore que, comme dans L'Escamoteur, un voleur coupe les cordons de sa bourse. Les autres chanteurs portent des couvre-chefs insolites, oiseaux ou objets. À gauche et à droite, des scènes qui semblent échappées d'une tentation de saint Antoine, des monstres, des diables et une femme nue participent à un festin infernal abrités dans une chaussure ; un incendie ou du feu jaillit de terre, un chat s'approche d'un poisson posé sur un gril, un personnage invisible caché dans l'œuf va s'en emparer. L'œuf lui-même est un symbole alchimique : « le monde est comme un œuf ». On peut rechercher quelques proverbes dont Bosch se serait inspiré littéralement : une femme tenant un moulinet qu'on verrait mieux dans la main d'un enfant porte sur la tête une chouette attaquée par de petits oiseaux (« Zij is zo dom als een uil », littéralement : « elle est aussi folle qu'un hibou », ou « Zij is zo dronken als een uil », « elle est aussi ivre qu'un hibou »). Un homme est coiffé d'un entonnoir (« Hij drinkt als een trechter » littéralement : « il boit comme un entonnoir »), un autre porte un pigeonnier sur la tête (« hij houdt duiven op zlder », « il élève des pigeons au grenier », expression qui s'applique à un exploitant de bordel)…

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