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L'Apothéose d'Homère

Jean-Auguste-Dominique Ingres

L'Apothéose d'Homère

Jean-Auguste-Dominique Ingres
  • Titre original: Homère déifié, dit aussi L’Apothéose d’Homère
  • Date: 1827
  • Style: Neoclassicism
  • Genre: peinture mythologique
  • Media: oil, canvas
  • Dimensions: 386 x 515 cm
  • Commande Jean-Auguste-Dominique Ingres Reproduction peinture à l'huile
    Reproduction
    de commande

L'Apothéose d'Homère, dit aussi Homère déïfié, est une grande toile de Jean-Auguste-Dominique Ingres exposée au musée du Louvre et datée de 1827.

Commande de l'État pour la décoration d'un plafond du musée Charles X au Louvre (actuelles salles égyptiennes), elle fait partie du projet de renouveau de la grande commande royale que désire Charles X pour s'inscrire dans la grande tradition des Bourbons au Louvre. On l'y descendit en 1855 et on la remplaça la même année par une copie due aux artistes Paul et Raymond Balze (en collaboration avec Michel Dumas).

Le livret du tableau au catalogue de l'époque décrivait ainsi la toile : « Homère reçoit l'hommage de tous les grands hommes de la Grèce, de Rome et des temps modernes. L'Univers le couronne, Hérodote fait fumer de l'encens. L’Iliade et l’Odyssée sont à ses pieds. » Le personnage portant une épée symbolise l'Iliade, et celui doté d'une rame représente l'Odyssée .

Ingres travailla à cette œuvre (par laquelle il voulait rivaliser avec Raphaël et sa toile l’École d'Athènes), de la façon la plus minutieuse ainsi qu'en témoignent plus de cent dessins dans lesquels on le voit préciser peu à peu l'ordonnance et les détails de son tableau. La composition en est d'un groupement symétrique et « centrée » à la manière classique. Le dessin y atteint un très haut niveau de précision. Les couleurs, très fraiches et claires, devaient donner une impression de fresque. Selon Sébastien Allard, « la tentation archaïsante, la pureté du dessin, devaient rappeler la naissance de la peinture sur les vases grecs exposés en dessous. »

Parmi les figures de l'Antiquité, peintes en pied et situées de part et d'autre d'Homère, Ingres a peint le poète tragique Eschyle avec un rouleau de parchemin, le peintre Apelle avec ses pinceaux et sa palette, le poète Pindare avec une lyre, ainsi que le sculpteur Phidias avec un maillet. Seuls deux artistes modernes, Raphaël et Dante, sont introduits dans ce groupe.

Placés plus bas, coupés à mi-corps, se trouvent des artistes classiques du siècle de Louis XIV, comme les écrivains Racine, Boileau, Molière, Corneille, La Fontaine, ou le peintre Nicolas Poussin. Le portrait de ce dernier a été directement copié de son autoportrait conservé au musée du Louvre, ce qui illustre le travail de recherche effectué pour la toile.

Cette œuvre aux nombreux personnages constitue une sorte de profession de foi classique, en son genre est très réussie. Cette impression fut renforcée à l'époque par la présentation en pendant de ce tableau, au même Salon, de La Mort de Sardanapale de Delacroix, inscrivant Ingres (considéré à ses débuts comme révolutionnaire) dans la plus pure tradition classique face au renouveau romantique.

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