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Jupiter et Sémélé

Gustave Moreau

Jupiter et Sémélé

Gustave Moreau
  • Date: 1895
  • Style: Symbolism
  • Genre: peinture mythologique
  • Media: oil, canvas
  • Dimensions: 213 x 118 cm
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Jupiter et Sémélé (1894-95) est un tableau réalisé par le peintre symboliste Gustave Moreau (1826-1898). Il illustre l'épisode de la mythologie de la mortelle Sémélé, mère du dieu Dionysos, et de son amant, Jupiter, le roi des dieux. Sémélé a été traîtreusement conseillée par la déesse Junon, l'épouse de Jupiter, de demander à ce dernier d'apparaître dans toute sa splendeur divine. Mais en réalisant son souhait il provoqua sa mort violente causée par le tonnerre et la foudre. Ce tableau est une représentation « divinisée de l'amour physique » et l'insoutenable épreuve qui consume Sémélé alors que le dieu apparaît dans sa beauté suprême a été comparée à « l'expression la plus somptueusement imaginable d'un orgasme ».

A propos de cette œuvre, Gustave Moreau écrit lui-même :

« Le dieu, tant de fois évoqué, se manifeste dans sa splendeur encore voilée : Sémélé pénétrée des effluves divines, régénérée, purifiée par le sacre, meurt foudroyée et avec elle le génie de l'amour terrestre, le génie au pied de bouc ».

Dans ses Carnets, Moreau décrit sa toile ainsi :

L'œuvre de Moreau représente un monde mystique complexe, intense et surprenant, hanté et chargé d'une imagerie symbolique. Son iconographie est tirée de la mythologie, d'écrits Symbolistes et de ses propres interprétations personnelles, qui sont délibérément mystérieuses et ambiguës. Jupiter est représenté de façon conventionnelle, assis “en Majesté” avec la malheureuse Sémélé ensanglantée assise sur sa cuisse droite. Son regard est sévère, ses yeux écarquillés et fixant droit devant lui exprimant un sentiment de conquête féroce. Son trône et la cour environnante, présentent une profusion peu orthodoxe et extravagante d'éléments architecturaux et végétaux qui — bien que représentés, in fine, de façon réaliste, et même avec la précision d'un bijou — donnent une impression d'ensemble onirique et fantastique. Partout, une profusion de couleurs vives rivalise avec les ombres sombres représentant les volumes. D'innombrables groupes de dieux, déesses et figures allégoriques semblent co-exister à différentes échelles, indépendants et indifférents les uns aux autres. L'œil doit s'adapter aux changements étranges de proportions lorsqu'il se promène à travers le tableau. Parmi les figures, trois sont placées directement aux pieds de Jupiter : une figure de la Tristesse (berçant une épée ensanglantée), un Grand Pan, et une femme symbolisant la Mort et arborant un lys blanc.

— Gustave Moreau, Carnets

Le pied droit de Jupiter repose sur un serpent qui mord sa propre queue. Une effroyable Hécate, avec ses polos et son croissant de lune, apparaît dans le coin inférieur gauche. Parmi les autres figures figurent un démon à trois têtes et plusieurs ailes, et des figures d'anges.

L'écrivain et peintre français Malcolm de Chazal (1902-1981), a nommé l'image de Jupiter et de Semele « cette naissance-mort-en-un ».

Le suédois surréaliste Ragnar von Holten (1934-2009) décrit cette œuvre comme « une allégorie de la régénération par la mort ».

Le thème de Jupiter et de Sémélé a également été interprété par les peintres de Jacopo Tintoretto (ca. 1545) et Jean-Baptiste Deshays de Colleville (ca. 1760).

« Jupiter et Sémélé », sur Musée Gustave-Moreau

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