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L'Atelier du peintre

Gustave Courbet

L'Atelier du peintre

Gustave Courbet
  • Date: 1854 - 1855
  • Style: Realism
  • Genre: peinture allégorique
  • Media: oil, canvas
  • Dimensions: 361 x 598 cm
  • Commande Gustave Courbet Reproduction peinture à l'huile
    Reproduction
    de commande

L'Atelier du peintre est une huile sur toile de Gustave Courbet. Son titre complet est : L’Atelier du peintre. Allégorie Réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique (et morale). Exécutée en 1855, elle est actuellement exposée au musée d'Orsay, rez-de-chaussée, dans la salle Courbet (grands formats).

Refusée à l’Exposition universelle de 1855 alors que onze de ses œuvres sont acceptées, l’œuvre est dévoilée au public lors d'une exposition personnelle de l’artiste au Pavillon du Réalisme (édifice provisoire qu'a fait édifier Courbet à ses frais avenue Montaigne presque en face de l'Exposition universelle), sous le numéro 1. Le tableau sera tout d'abord racheté par sa veuve à la vente posthume Victor Antoine Desfossés, et servira de toile de fond au théâtre amateur de l'Hôtel Desfossés (6 rue Galilée à Paris).

Elle est acquise en 1920 par le musée du Louvre pour 700 000 francs, offerts en partie par l'association les amis du Louvre, complétés par une souscription publique et une contribution de l’État.

Une restauraution publique dans l'enceinte du musée débute le 24 novembre 2014 avec le soutien de 1 334 particuliers pour plus de 150 000 euros collectés par le biais d'un financement participatif et complété par un mécénat de 450 000 euros.

Cette toile est en apparence une scène de genre du type portrait de groupe mais dont l'artiste a ici cassé les codes.

La scène se passe dans l'atelier de Courbet à Paris, sans doute au 32 rue Hautefeuille. Elle est divisée en trois parties : au centre, l’artiste, avec derrière lui, un modèle nu. À sa droite, les élus, les bons ; à sa gauche, ceux qui vivent de la mort et de la misère. Le tableau, qui est une allégorie — réelle ou rêvée ? —, se présente à la fois comme un cénacle organisé en sociotypes, un portrait de la société, et un témoignage de l'état moral de l'artiste comme il en témoigne lui-même dans une lettre qu'il adresse à son ami Champfleury en janvier 1855 : « C'est l'histoire morale et physique de mon atelier, première partie. Ce sont les gens qui me servent, me soutiennent dans mon idée, qui participent à mon action. Ce sont les gens qui vivent de la vie, qui vivent de la mort. C'est la société dans son haut, dans son bas, dans son milieu. En un mot, c'est ma manière de voir la société dans ses intérêts et ses passions. C'est le monde qui vient se faire peindre chez moi. » Cependant l'interprétation de cette toile pose encore aujourd'hui de nombreuses questions.

Avec l'Atelier du peintre, Courbet remet en cause la hiérarchie des genres en livrant là une sorte de manifeste personnel, il élève la scène de genre au rang de la peinture historique, dont il utilise d’ailleurs le format et des thèmes. Il rejette également l'Académie en clouant au pilori un mannequin qui figure un saint Sébastien percé de flèches et représente l'art académique.

Courbet mêle dans ce tableau toutes les catégories traditionnelles : le paysage, la scène de genre, le nu, le portrait de groupe, la nature morte (avec un chapeau à plume, une guitare et un poignard au pied du chasseur), les sujets religieux : jugement dernier, descente de croix, Memento mori (avec le crâne posé en serre-papier sur un numéro froissé du Journal des débats, réponse de Courbet aux attaques de ce quotidien)… La toile est, de fait, une galerie de portraits, c’est-à-dire une réunion de figures connues, d’allégories ou simplement de différentes catégories sociales. Il cherche ainsi à donner à tous ces genres leurs lettres de noblesse. Par les mots « allégorie réelle », le peintre prévient son public que chacun des personnages représente une idée en même temps qu'un être de chair, alors que la peinture allégorique se meurt au XIXe siècle. Sous l'influence de Proudhon il se fait moralisateur et c'est le monde qu'il entend juger. Le nu peut être perçu comme une représentation allégorique de la peinture qu'il admire et qui inspire l’art de Courbet. Le sous-titre donne par ailleurs la mesure du propos ambitieux et un peu énigmatique du peintre. Courbet cherche en effet à faire une sorte de bilan de son œuvre à travers ce tableau. Le thème de la création artistique n’est pas inhabituel mais Courbet le renouvelle en se plaçant au centre, en se positionnant en tant qu’acteur principal. Il revendique ainsi son statut d’artiste.

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