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Eduardo Arroyo

Eduardo Arroyo

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Eduardo Arroyo, né le 26 février 1937 à Madrid, est un peintre, graveur, lithographe, sculpteur et décorateur de théâtre espagnol, représentant majeur de la Figuration narrative et de la Nouvelle figuration espagnole, qui se développa en Europe au début des années 1960. Ses tableaux traitent de l'exil, des assassinats politiques, des complicités dont bénéficie le régime de Franco, des espagnolades qui masquent la réalité fasciste de l'Espagne et des bases américaines qui soutiennent l'impunité de Franco.

Son père était pharmacien, homme de droite phalangiste. Eduardo Arroyo a grandi dans le Madrid des années 1950. Élève du lycée français, il a de piètres résultats ; il intègre une école pour « cancres transfuges de tous les collèges » de la ville, puis une école de journalisme.

Après avoir exercé le métier de caricaturiste de presse en 1957 et s'être initié à la peinture, il se rend à Paris, pour fuir le franquisme, en abandonnant cette première activité, sans toutefois renoncer jusqu'à aujourd'hui à l'écriture, sa première vocation.

À Paris, il fait des petits boulots pour survivre et dessine des portraits à la terrasse des cafés ou reproduit les chefs-d'œuvre du musée du Prado à la craie sur le trottoir. En résidant dans la capitale, il prend aussi « conscience de la réalité sociale, de la réalité des opprimés et (qu’il) se politise ». Il rencontre de jeunes peintres surréalistes espagnols et des vieux républicains. Puis, il fait la connaissance d'Antonio Recalcati. Les deux artistes vont « faire de l’agitation politique à l’intérieur du Salon de la Jeune Peinture » avec Gilles Aillaud. Ensemble, ils réalisent des œuvres collectives, questionnent le rôle de l’artiste dans la société, sur la peinture comme arme militante.

En 1960, il commença à exposer au Salon de la jeune peinture, mais il se fit connaître à l'occasion de la IIIe Biennale de Paris de 1963, où il exposa son polyptyque Les quatre dictateurs, une série de portraits de dictateurs incluant Franco, qui provoqua la protestation du gouvernement espagnol. Les quatre dictateurs sont Mussolini, Hitler, Salazar et Franco, représentés de manière allégorique. En 1963, deux des dictateurs peints sont encore vivants : Salazar et Franco. Ces dictateurs n'ont pas de visage reconnaissable sur le tableau. Seul un drapeau en arrière-plan permet de déduire la nationalité du dictateur et donc du nom que l'on peut attribuer. Les corps des quatre dictateurs sont grotesques, vidés d’âme, sans visage et sans cœur. À l'intérieur de leurs figures, Arroyo dénonce les pires crimes commis par les dictateurs. Hitler est ainsi couronné d’un fil de fer barbelé rappelant les camps de concentration tandis que Salazar est caractérisé par les horreurs coloniales. Franco est flanqué d'un visage où figure un bombardement et des manifestants. Pour éviter de provoquer des hostilités avec l’Espagne, André Malraux, le président de la Biennale, sous pression de l’ambassade espagnole, exige la dissimulation des différents drapeaux pour éviter que les dictateurs soient reconnaissables.

Toujours en 1963, il réalise une exposition à la galerie Biosca de Madrid, inaugurée sans sa présence, dès lors que poursuivi par la police, il doit fuir à Paris. L'exposition est alors interdite et ferma quelques jours plus tard. En octobre, il participe à l'exposition Grands et jeunes d'aujourd'hui à la Galerie Charpentier avec Orlando Pelayo, Georges Feher, Albert Bitran, André Cottavoz et Gustav Bolin sous le parrainage d'Alexandre Garbell.

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