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Olympia

Édouard Manet

Olympia

Édouard Manet
  • Date: 1863
  • Style: Realism
  • Genre: nu
  • Media: oil, canvas
  • Dimensions: 130,5 x 190 cm
  • Commande Olympia Reproduction peinture à l'huile
    Reproduction
    de commande

Olympia est un tableau célèbre d'Édouard Manet conservé au musée d'Orsay à Paris. Peinte en 1863, l'œuvre fut exposée pour la première fois au Salon de 1865, créant un scandale retentissant.

L'œuvre représente au premier plan une jeune femme nue, le pied gauche encore chaussé d'une mule, allongée sur un divan et un châle de cachemire blanc, dans un intérieur décoré de tentures vertes et de tapisseries. Posée sur deux oreillers satinés, elle est accoudée sur son bras droit, la main gauche sur la naissance de ses jambes, le regard porté vers le spectateur.

Au second plan, derrière le lit, à droite, une femme noire lui présente un bouquet de fleurs devant un fond vert ; un chat noir se dresse sur l'extrémité droite du lit, la queue levée.

Dans le livret du Salon, le titre Olympia était accompagné de cinq vers de Zacharie Astruc :

Olympia s'inspire de la Vénus d'Urbin du Titien, dont Manet avait exécuté une copie sur toile, une aquarelle, une sanguine et deux dessins , lors d'un voyage en Italie en 1853. La composition est identique, avec la division du fond en deux au milieu de la figure principale et la figure secondaire à droite. Le modèle de l'Olympia adopte une pose identique à celle de la Vénus d'Urbin. Comme elle et comme La Maja nue de Goya, son regard fixe le spectateur. Manet a remplacé le chien aux pieds de la Vénus d’Urbin associé, au temps du Titien, à la fois à la pulsion sexuelle et à la fidélité, par un chat noir à la queue relevée.

D'autres éléments de la composition inspirés de la peinture italienne classique ont perturbé les critiques, comme le bouquet de fleurs, nature morte s'invitant de manière selon certains incongrue dans un tableau de nu, ou l'absence d'une perspective construite, ce en quoi il suit toujours le tableau du Titien.

Selon Julie Manet, nièce du peintre, le poignet d'Olympia est orné du bracelet de la mère de Manet, avec un médaillon contenant une mèche de ses cheveux d'enfant. Ce détail associé au fait qu'Olympia couvre ses parties génitales pourrait recevoir une interprétation freudienne, celle de la trahison de la mère.

L'Olympia de Manet va susciter un scandale encore plus important que celui qu'il avait provoqué deux ans plus tôt avec un autre trableau également inspiré par la peinture vénitienne de la Renaissance, le Déjeuner sur l'herbe.

La critique, ignorant le tableau du Titien, vit dans celui de Manet la représentation d'une courtisane, de basse ou de haute volée. Le public de Manet a vite identifié le modèle à ses « pieds rugueux » qui désignent la « pierreuse » ou la « marcheuse », prostituée qui opère sur la voie publique. Pourtant, le bouquet fait par un fleuriste et qui évoque la venue de son client, la femme de chambre, l'épais canapé recouvert d'un cachemire, ses parures (fin ruban de velours autour du cou, bracelet) montrent une certaine ascension sociale et évoquent plutôt une demi-mondaine.

Au milieu du XIXe siècle le nu est admissible s'il est situé dans un espace exotique ou mythologique. La Naissance de Vénus de Cabanel n'a provoqué aucun scandale en 1863. Dans la toile de Manet, le modèle, Victorine Meurent, est fortement individualisé, ce qui s'oppose à la traditionnelle idéalisation des nus. Son regard est dirigé vers le spectateur : c'est ce regard, et l'expression sérieuse qui exclut l'intimité, qui font le scandale. Les nudités féminines classiques sont « surprises », comme l'Aphrodite anadyomène ; elles ne se montrent pas volontairement nues. Le regard de la femme sur le spectateur dément cette convention, et certains critiques d'art vont se dire scandalisés par le caractère du tableau. Paul de Saint-Victor parle de « l'Olympia faisandée de monsieur Manet ».

Ceci fait partie de l'article Wikipédia utilisé sous licence CC-BY-SA. Le texte intégral de l'article est ici →


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