{{selectedLanguage.Name}}
Se connecter Déconnexion
×

Saint Jérôme dans son étude

Antonello de Messine

Saint Jérôme dans son étude

Antonello de Messine
  • Titre original: San Girolamo nello studio
  • Date: c.1475; Italy  
  • Style: Early Renaissance
  • Genre: peinture religieuse
  • Media: oil, wood
  • Dimensions: 45,7 x 36,2 cm
  • Commande Saint Jérôme dans son étude Reproduction peinture à l'huile
    Reproduction
    de commande

Saint Jérôme dans son étude est le titre d'une peinture à l'huile sur panneau de tilleul (45,7 × 360,2 cm) réalisée par Antonello de Messine vers 1474-1475, et actuellement conservée à la National Gallery à Londres.

Le tableau est précisément décrit par Marcantonio Michiel, qui a pu l'admirer dans la collection vénitienne d'Antonio Pasqualino en 1529 (soit cinquante ans après la date de sa réalisation probable). Mais celui-ci hésite quant à son attribution, car s'il y voit personnellement « la main de Jacometto », il rapporte également que d'autres le considèrent comme une œuvre d'Antonello, de Jan van Eyck, de Hans Memling, ou d'un autre primitif flamand.

Après ce témoignage, on perd toute trace du tableau jusqu'en 1835, quand il réapparaît, attribué à Albrecht Dürer, dans la collection de Sir Thomas Baring à Stratton (Hampshire). Celui-ci le vend en 1848 à William Coningham (qui le considère de la main de Jan van Eyck), puis le rachète l'année suivante. Il est attribué à Antonello quand il devient, en 1850, la propriété du Comte de Northbrook, le neveu de Thomas Baring.

Le tableau entre définitivement dans les collections de la National Gallery en 1894.

Dans la mesure où, contrairement à d'autres œuvres d'Antonello, celle-ci n'est ni signée, ni datée par le peintre, sa datation a pu faire débat, entre deux écoles principalement. La première (Lauts, Baottari, Davies, Little et Bologna) met en avant la manière flamande, et l'influence très nettement perceptible de Jan van Eyck, pour considérer le tableau comme une réalisation de jeunesse, des années 1455-1460. La seconde (Lionello Venturi, Roberto Longhi, Causa) argue de la maîtrise technique, notamment dans le traitement de la perspective et de la lumière dont fait preuve le peintre, et qu'il n'acquiert qu'à partir des années 1470, pour en faire une œuvre de la maturité. C'est cette dernière hypothèse qui est la plus souvent retenue par la critique moderne.

Le rapprochement avec certains éléments de L'Annonciation de la Galleria Regionale di Palazzo Bellomo, comme la plante en boule devant le pupitre de la Vierge, dans un pot en majolique, le détail des paysages par les fenêtres qui s'ouvrent dans le mur du fond de la pièce, et l'audacieux effet de contre-jour, pourrait accréditer l'idée que les deux œuvres sont contemporaines. Or, un document historique précise que L'Annonciation a été commandée à Antonello en 1474 pour l'Église de l'Annunziata à Palazzolo Acreide, dans la province de Syracuse, juste avant son départ pour Venise. C'est pourquoi la date de 1474-75 a été avancée. Si Giacchiono Barbera penche pour une exécution juste avant ce voyage à Venise, en 1474 donc, Mauro Lucco propose plutôt d'y voir un tableau effectué pendant le séjour vénitien, en s'appuyant sur l'utilisation par Antonello d'un panneau de tilleul, dans un bois courant en Italie du Nord, mais très rare, voire inconnu dans le Sud.

Des thèses récentes ont en outre proposé de faire de ce saint Jérôme un portrait masqué de son commanditaire (qui n'est, à ce jour, authentifié par aucun document). Penny Howell Jolly par exemple veut reconnaît sous les traits de saint Jérôme le roi Alphonse V d'Aragon, mort en 1458, ce qui aurait pour conséquence logique de placer la réalisation du tableau avant cette date. Bernhard Ridderbos quant à lui y voit le portrait du cardinal Nicola Cusano . Mauro Lucco rejette ces thèses identificatrices savantes, en insistant sur la contradiction interne, voire le non-sens qu'il y a selon lui dans la notion de « portrait caché » — le portrait ayant justement pour fonction de glorifier son commanditaire, donc de le rendre reconnaissable. Il propose, en dernier ressort, de faire confiance à ce que le tableau présente ouvertement : une interprétation libre, de la part du peintre, d'un saint du passé, qui lui permet de déployer toute l'ampleur de sa virtuosité et son imagination créatrices.

Ceci fait partie de l'article Wikipédia utilisé sous licence CC-BY-SA. Le texte intégral de l'article est ici →


More ...